Chronique Le Maître des apparences de Jane Gardam

Mais qui se cache sous cette magnifique perruque d’avocat anglais ? Il s’agit de son excellence Sir Edward Feathers. Il va nous raconter sa vie, sa femme, son destin...

 

Alors qu’il a fait toute sa carrière à Hong Kong, le vieux juge s’est retiré dans cette campagne anglaise qu’il affectionne. Né en Malaisie, il est un de ces orphelins du Raj, nés dans l’Empire et envoyé en Angleterre faire leurs humanités. Nous sommes à l’aube de la Seconde Guerre mondiale et on suit le destin d’un enfant confié à cette tante qu’il ne connaît pas. Tissé comme un patchwork de chapitres sans chronologie évidente, le roman nous fait traverser le xxe siècle à travers le parcours de ce gamin bègue, devenu un juge à l’éloquence prodigieuse. Le juge Feathers et sa femme Betty, c’est l’évocation d’une éducation perdue dans le fin fond du Dorset, c’est aussi l’incroyable histoire de la déliquescence de l’Empire britannique, c’est surtout un roman qui a le goût des scones trempés dans de la marmelade d’orange, où les bonnes manières cachent des désirs inavoués, où les vitres embuées laissent percer des secrets de famille. C’est enfin cette écriture anglaise au style éblouissant et au service d’une magnifique histoire où ne manque aucun bouton de guêtre, écrite par une grande dame de la littérature anglaise. À découvrir absolument.

 

Jean-François DELAPRÉ (Saint-Christophe - 29260 Lesneven)

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