Chronique La Trêve de Saïdeh Pakravan

Imaginez qu’à minuit, le monde devienne fou. Quand je dis fou, je veux dire qu’il devient tout ce qu’il n’est pas actuellement : un monde où les gens ne meurent plus, où la violence disparaît, un monde qui ne peut exister… évidemment.

Saïdeh Pakravan raconte les vingt-quatre premières heures de ce monde virtuel, où les petites frappes ont des remords, où le service des urgences attend son premier accidenté, où les amours aussi sont frappées, car il devient possible de faire son coming out sans que cela ne provoque de réaction malsaine. Alors monde d’un jour, ou monde de toujours ? Au fur et à mesure que la journée s’écoule, les personnages du roman se demandent si cela va durer. En fil rouge, on suit Simon Urqhart, flic désabusé et Mandy, journaliste dont il est amoureux, confrontés au rien qui les étouffe. Mais est-ce véritablement le bonheur, cet état où rien ne se passe plus comme hier ? Avec une justesse de ton et ce chronomètre qui tourne sans que rien ne se passe, l’auteure pose des questions essentielles sur la vie et la société. Monde interrompu, la trêve peut se voir comme un rêve qui s’étend ou comme un conte, où, alors que le mal allait frapper, ce qui devait arriver n’arrivera jamais. Mais comme j’ai oublié de vous dire que le livre durait vingt-quatre heures et cinq minutes, nous savons, en France, qu’il faut toujours se méfier des cinq dernières minutes…

Jean-François Delapré Librairie Saint-Christophe (Lesneven)

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