Chronique Décorama de Lucile Bordes

C’est un monde qui se serait figé sur une carte postale, un monde qui ne bougerait plus. Il y aurait les lumières, les couleurs et les odeurs de Georges. À jamais.

Dans la vie de Georges, tout est en place, chaque chose posée au bon endroit, chaque fenêtre donne sur son carré de mer. Malheureusement, ce n’est pas vraiment comme ça que marche la vie. Dans cette ville où l’emploi se meurt, on décide de promouvoir des programmes immobiliers ambitieux. Adieu les petites maisons sur le front de mer, on rase, on détruit l’âme de la ville, on construit de l’audacieux, du paraître. Georges ne comprend pas. Dans son nouveau boulot de gardien du cimetière, il observe. Ici, il est heureux, rien ne bouge, mis à part quelques concessions délaissées, à tel point qu’il tarde souvent à reprendre le chemin des vivants, de l’autre côté du mur. Un jour, Pénélope revient ; la copine du lycée avec qui il faisait les 400 coups. À peine revenue, Pénélope est veuve. Avec Georges, le vernis du temps n’a même pas le temps de sécher. Aussi, quand des promoteurs veulent raser l’immeuble des grands-parents de Georges, là où il a fait emménager Pénélope, tout va partir en vrille. Dans ce court roman, Lucile Bordes passe en revue les photographies des existences de ses personnages avec l’émotion aigre-douce d’une nostalgie sans rancœur, tout simplement humaine.

Jean-François Delapré Librairie Saint-Christophe (Lesneven)

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