Chronique Le Sérieux bienveillant des platanes de Christian Laborde

Entre les Clash et les Régal’ad, entre Bashung et la mercerie des sœurs Solas, Tom se souvient. Joy à son côté, il redescend à Lumac enterrer son pépé – pas son papy, son grand-père… non, son pépé, comme sur les photos anciennes. Mais quand on retourne vers son passé, gare à ce qu’on y trouve.

Tom conduit et parle de son pépé qui l’a élevé et de sa tante Lucie qu’il a tant aimée, de son père qu’il déteste autant qu’une chanson de Céline Dion et de la beauté des platanes de Lumac. Sur le long ruban de l’autoroute, Joy écoute et pose les questions. Tom lui raconte la pêche et les truites, le pépé qui sifflait « Le pont de la rivière Kwaï », le trou d’Artabash, ce puits sans fond qui engloutissait les cailloux qu’on y jetait. Au village, il y aura Germaine, celle qui a toujours régenté la maison. Au village, il y aura l’enterrement de Pépé, les messes basses des vieilles qui donnent du « pauvre » à tout-va. Au village, il y aura le maire qui offrira le drapeau pour couvrir le cercueil. Au village, il y aura ce type bizarre qui n’aura d’yeux que pour Joy. Au village, le passé n’est pas toujours pavé de bonnes nouvelles. Avec son phrasé légendaire et sa faconde éruptive, Christian Laborde écrit un roman de soleil et de violences tues, où l’humanité se tient plus dans le balancement des seins de Joy que dans la morgue sombre des notables en costume.

Jean-François Delapré Librairie Saint-Christophe (Lesneven)

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