Chronique La Trilogie babylonienne de Sebastien Doubinsky

Dans l’étrange métropole de Babylone, entre deux guerres et trois couleurs flashy, Sheryl Boncoeur interviewe un soldat déprimé alors qu’un chien nommé Waldo se métamorphose en poisson... Vous n’avez rien compris ? Lisez Doubinsky !

OK, on pose tous les objets illicites qui donnent envie de tuer son prochain. On laisse également de côté tout ce qu’on a pu éventuellement lire précédemment et on s’abstient de tout commentaire intrinsèque sur la puissance de la couleur bleue (tout en sachant que la verte est celle des cimetières !) On ne s’étonne pas davantage que la guerre qui ravage les confins de la Chine du Sud-Est transforme les petits garçons en hommes qui n’ont pas peur de la mort – vu qu’ils font leur boulot –, pendant que le Waldo cité en objet devient un chien de référence devant le cadavre d’une femme retrouvée noyée avec les chevilles entravées de parpaings de béton.

Et là, tout le monde se dit : ils fument du drôle de tabac au fin fond du Finistère ! Ben non, pas tant que ça, mais résumer La Trilogie babylonienne revient à peu près à vouloir expliquer la théorie de la relativité tout en faisant une partie de baby-foot dans un café enfumé de Barbès. Parce qu’il est effectivement question d’une véritable trilogie, trois longues nouvelles qui forment le roman, dont la première, « La naissance de la télévision selon le Bouddha », relate en de très courtes séquences le quotidien de cette Babylone future (ou pas !) entre guerres mondiales larvées, grand méchant loup explosé et journaliste un peu tarée qui part à la guerre comme d’autres aux vendanges. Dans la deuxième nouvelle, le commissaire Georg Ratner cherche à appréhender un serial killer qui démembre allègrement ses victimes avec l’assentiment d’un médecin légiste revenu de tout. Vous ne voyez toujours pas où l’auteur veut en venir ? Tout va pourtant finir par s’éclairer. Dans cette labyrinthique Babylone, tous les chemins mènent à…

Ne pouvant, pour des raisons évidentes, aller plus loin dans la résolution des différents points de vue exprimés plus haut, et afin de confronter votre propre expérience de Babylone à la mienne, je vous saurai gré de bien vouloir en accuser réception au magazine que vous venez de lire. Avec poésie et sans user d’artifices.

JEAN-FRANÇOIS DELAPRÉ, Librairie SAINT-CHRISTOPHE, Lesneven

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