Chronique L’Ange de charbon de Dominique Batraville

M’Badjo Baldini est un Italien noir présent à Port-au-Prince le jour du séisme de 2010. De cette ville qui s’écroule, qui meurt, qui souffle, qui hante, qui crie, il va dire tous les noms, chanter toutes les douleurs, écrire sur les murs avec son charbon de bois tous les vers et les poèmes qui naissent dans l’instant de la catastrophe. Ici, il n’est pas question de roman à proprement parler, mais d’une longue plainte lancinante, où le verbe est rédempteur. Car comment sortir vainqueur de ce combat contre la nature, sinon en disant la vie, en nommant tout ce qui doit être nommé, conjurer le cancer qui coupe la ville, qui tue, qui pourrit les corps et les âmes.
Dans ce pays déjà ravagé par la pauvreté, la corruption, la dictature, c’est une voix que Dominique Batraville nous donne à entendre, celle d’un homme abruti par les mots qui veut sauver sa ville, qui vient nous dire, avec la splendide voix du poète, tout le mal que Monsieur Richter (il nomme ainsi le tremblement de terre !) a imposé à son peuple. L’ange de charbon est une mélopée grave, qui, pourtant, porte en elle toute la richesse et la sagesse du peuple haïtien.

 

Jean-François DELAPRÉ (Saint-Christophe - 29260 Lesneven)

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