Littérature étrangère
Kristina Gorcheva-Newberry
La Vie avant nous
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Kristina Gorcheva-Newberry
La Vie avant nous
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Karine Lalechère
Les Presses de la Cité
20/08/2026
432 pages, 23,90 €
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Chronique de
Isabelle Aurousseau-Couriol
Librairie de Paris (Saint-Étienne) -
❤ Lu et conseillé par
2 libraire(s)
- Muriel Gallot de L'Intranquille (Besançon)
- Isabelle Aurousseau-Couriol de de Paris (Saint-Étienne)
✒ Isabelle Aurousseau-Couriol
(Librairie de Paris, Saint-Étienne)
S’inspirant de sa jeunesse, Kristina Gorcheva-Newberry, autrice russo-américaine, nous offre un roman sur le Moscou des années 1980 et nous raconte un monde disparu à travers le regard de quatre adolescents.
Brejnev vient de mourir : un bouleversement dans cette Union soviétique de la fin de l’année 1982. Surtout pour les parents de nos quatre amis. Que va-t-il se passer, quelles seront les conséquences sur leur vie quotidienne ? Comme tous les adolescents, Ania (la narratrice), son amie Milka et les deux garçons qui les accompagnent, Petia et Alexeï, gardent leur insouciance : ils découvrent l’amour et les relations sexuelles, parlent politique et littérature (en particulier de Tchekhov), fument, écoutent Queen… Ils appartiennent à des familles moscovites plus ou moins privilégiées. Leurs études, les soins médicaux sont pris en charge par l’État. Bref, une sorte de paradis même si le papier toilette manque dans les supermarchés ! Les parents d’Anya ont la chance de posséder une datcha jouxtée par une pommeraie. C’est un lieu d’enchantement pour les filles qui s’y forgent de nombreux souvenirs : ses pommes deviendront leurs madeleines de Proust. Les secrétaires généraux se succèdent à la tête de l’URSS, la perestroïka est mise en œuvre et, derrière ses réformes impossibles, c’est toute une société qui se fracture. Devenue étudiante, Anya part aux États-Unis et s’y marie. Elle ne reviendra que vingt ans plus tard dans ce qui est redevenue la Russie. Le pays a changé, évidemment. Pourtant, elle retrouve ce qui l’a hantée : les drames d’hier se réveillent et les fantômes ressurgissent. Ce roman, magnifiquement traduit par Karine Lalechère, s’inspire de la pièce La Cerisaie d’Anton Tchekhov ‒ la pommeraie en étant son pendant. Il retrace le cauchemar collectif que fut l’effondrement de l’URSS, le chaos politique qu’il engendra et la violence subie par la jeunesse pendant ces années de la fin de la guerre froide. D’ailleurs, Kristina Gorcheva-Newberry dédie cet ouvrage « À [s]es amis de la génération perestroïka perdus, ignorés, oubliés ». Un roman à découvrir pour s’approcher de la complexité de la société russe d’aujourd’hui. Un bel hommage à la littérature russe également.