Chronique Le Bourreau de Gaudí de Aro Sáinz de la Maza

Isabelle COURIOL (de Paris - 42000 Saint-Étienne)

Quand on évoque la ville de Barcelone, l’image des ouvrages de l’architecte Gaudi s’impose à nous. C’est dans ce décor magique et fantastique qu’Aro SÁinz de la Maza fait évoluer ces personnages, nous entraînant dans une enquête palpitante.

 

C’est l’été et rien ne va plus à Barcelone. Le département des homicides est dépassé par un meurtre horrible. Un homme enlevé quelques jours plus tôt vient d’être découvert suspendu à la Casa Mila, il a été brûlé après avoir subi tortures et souffrances diverses. Susana Cabot, juge d’instruction chargée du dossier, demande la réintégration immédiate de l’inspecteur Milo Malart, suspendu pour mesure disciplinaire. Suite à une négligence de sa part, son neveu s’est suicidé avec son arme de service. Bien que considéré comme un électron libre dans la police catalane, il est à ses yeux le seul à pouvoir résoudre cette affaire. Flanqué de la sous-inspectrice Rebeca Mercader, jeune enquêtrice formée aux nouvelles techniques scientifiques d’investigation, il se lance sur les traces d’un obscur meurtrier. S’agit-il d’un détraqué à la recherche de célébrité ou d’un militant anti-luxe et anti-touristes, voulant laisser les trésors de la ville à ses seuls habitants ? De plus, le temps presse, car le pape doit venir consacrer La Sagrada Familia dans quelques semaines. Mais les meurtres se succèdent, touchant des notables de la ville et n’ayant pas de liens particuliers les uns avec les autres. De plus, nos deux enquêteurs découvrent une série de meurtres plus anodins, mais tous liés aux nombreuses œuvres du célèbre architecte. Ils nous entraînent dans le monde hallucinant de Gaudí, essayant de décrypter tous les symboles laissés par celui-ci à travers la franc-maçonnerie, l’ésotérisme ou la religion, qui pourraient servir de point commun à notre serial killer. Malart retrouve également des amis de son neveu et il découvre que le suicide de celui-ci pourrait avoir des motifs beaucoup moins simples que le mal-être d’un adolescent.
Avec ce premier roman policier, Aro Sáinz de la Maza nous permet de parcourir la capitale catalane à la découverte de son génial « scénographe ». Il critique aussi une ville moins brillante que celle que nous connaissons, où la corruption et les pressions politiques sont monnaie courante. Barcelone est aussi aux prises avec la crise économique. On y voit des anonymes qui manifestent contre un monde en déliquescence, rendu de plus en plus injuste et violent, subissant les effets pervers d’une industrie du tourisme qui exproprie certains habitants pour permettre un meilleur accueil des riches visiteurs étrangers. Enfin, le personnage de Malart nous renvoie forcément à son prédécesseur Pepe Carvalho, le célèbre détective créé par Montalban. Tous deux sont catalans dans l’âme et enquêteurs aux intuitions originales, toujours sur le fil du rasoir concernant le droit. Mais Malart est un homme du xxie siècle, un sportif, grand lecteur de livres sur le développement personnel, qu’il abandonne au gré de ses pérégrinations dans les jardins ou au supermarché. Il ne vous reste plus qu’à ouvrir ce roman, dont vous ne sortirez pas facilement malgré ses 700 pages. Car plus qu’un polar, c’est un livre de découvertes autour du personnage de Gaudí et de la ville de Barcelone. Un bon moyen de prolonger les vacances.

 

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