Chronique Trois amis de Mario Tobino

  • Mario Tobino
  • Traduit de l’italien par Patrick Vighetti
  • Coll. «Coll. « Feux croisés »»
  • Plon
  • 25/08/2011
  • 192 p., 18.90 €

ISABELLE COURIOL, Librairie de Paris, Saint-Étienne

Trois amis nous offre l’occasion 
de découvrir ou de redécouvrir 
Mario Tobino, poète, écrivain 
et psychiatre peu connu 
en France, chroniqueur d’une 
Italie en pleine tourmente..

Mario Tobino est un auteur italien beaucoup trop méconnu en France. Mort en 1991 à l’âge de 81 ans et auteur d’une dizaine de romans largement autobiographiques, il est aussi populaire dans son pays que, par exemple, son compatriote Primo Levi. Trois amis est une histoire d’amitié (les plus perspicaces l’avaient sans doute deviné) qui s’étale sur plusieurs décennies. Le narrateur, Ottaviani, est le double de Mario Tobino, psychiatre comme lui. Dans l’Italie des années 1920, alors que le fascisme mussolinien gagne peu à peu les esprits, trois jeunes hommes originaires de régions italiennes et de milieux sociaux différents se rencontrent à l’université où ils poursuivent leurs études de médecine. C’est leur commun rejet du fascisme qui cimentera leur rencontre et leur amitié. Puis le choix de leur spécialisation les éloignera les uns des autres, du moins géographiquement, puisque leur haine partagée de l’idéologie mussolinienne les poussera à rejoindre la Résistance et à se battre selon leurs moyens. À la fin de la guerre, l’espoir d’un changement politique vite déçu, le règne de l’argent, l’étalage criard du pouvoir, la vulgarité de la nouvelle classe politique malmèneront leur amitié sans toutefois en venir à bout.

Trois amis est une manière de portrait critique de l’Italie du nord, de son arrogance parfois, de ses arriérations régionalistes et de sa vanité déplacée ; mais c’est aussi l’histoire de ces hommes qui se sont battus et ont résisté dans le dessein de changer le monde où ils avaient vécu afin de le rendre meilleur – espoir trompé. Avec ce roman écrit en 1988, l’auteur nous transporte dans des atmosphères surannées assez proches du cinéma italien des années 1970 – on ne peut s’empêcher de penser à certains films d’Ettore Scola, comme Nous nous sommes tant aimés qui explore des thèmes très similaires à l’univers romanesque de Mario Tobino, dont les trois personnages construisent une amitié étroitement liée aux aléas de l’histoire et de la politique, tout en restant profondément intime, quotidienne, presque prosaïque.

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