Chronique La Longue Attente de l’ange de Melania G. Mazzucco

Isabelle Couriol Librairie de Paris (Saint-Étienne)

Après Vita (Flammarion, 2004), roman qui se déroulait dans la ville de New York au début du xxe siècle au sein de la communauté des émigrés italiens, Melania G. Mazzucco nous entraîne dans la Venise du xvie siècle.

Découvrez avec ce roman historique le monde de Venise au xvie siècle. La Renaissance italienne a laissé place au maniérisme et Melania Mazzucco nous entraîne sur les traces d’un de ses plus grands représentants en la personne du Tintoret. L’histoire commence quinze jours avant la mort de celui-ci, en 1594. Fils d’un teinturier – d’où son nom ; c’est auprès de lui qu’il aurait appris l’art des couleurs, si représentatif de son style – et élève du Titien – qui le chassera bien vite de peur que l’élève n’en vienne à dépasser le maître –, il est également un grand admirateur de Léonard de Vinci. À travers une vie de presque quatre-vingts ans, le narrateur raconte les joies et les nombreuses amours qui ont occupé son existence : son mariage, ses enfants, sa ville, Venise, qu’il ne quitta que très peu, ses œuvres qui couvrent les plus beaux établissements et églises de la cité des Doges… Il est dès le début – et le restera – un artiste populaire apprécié pour ses couleurs et la lumière qui illumine les sujets de ses toiles. Il est également un grand pédagogue et formera de nombreux artistes et ses propres enfants au monde de la peinture. Dominico, son fils, le soutiendra au sein de l’atelier. Mais on retiendra surtout le parcours de sa fille aînée, Marietta, qui deviendra une portraitiste très recherchée et que l’on surnommera La Tintoretta. Cette jeune femme, née des relations de son père avec une prostituée, restera l’enfant préférée du Tintoret. D’ailleurs, la relation père/fille occupe une grande place dans le roman. L’artiste refusera de la laisser partir pour exercer son art en dehors de Venise et préférera la marier. Marietta mourra prématurément en couches. Tintoret ne se remettra jamais de sa disparition et la suivra dans la tombe quelques années plus tard. Ce roman très documenté décrit un monde moins connu que le quattrocento, une Venise qui perd sa suprématie. À tous ceux qui aiment peinture et Histoire, précipitez-vous sur La Longue Attente de l’ange.

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