Chronique Les Chiffonniers de Paris de Antoine Compagnon

Isabelle Couriol Librairie de Paris (Saint-Étienne)

Le « coin des bornes », au XIXe siècle, est l’endroit où l’on entrepose ses ordures, papiers, tissus… Voire des cadavres en cas de rencontres malencontreuses !

Deuxième sélection du Prix Femina 2017 dans la catégorie \"Essais\"

 

Au XIXe siècle, Paris est un cloaque à ciel ouvert. Les détritus s’entassent aux portes des maisons. Le ramassage municipal n’existant pas, c’est toute une « confrérie » qui se met en place et qui aura son heure de gloire entre 1830 et 1870 : les chiffonniers. À ne pas confondre avec les fripiers, les chiffonniers portent une hotte, sont armés d’un aiguillon. Ils ramassent essentiellement du verre et des métaux, des os, enfin des chiffons et du papier pour refabriquer du papier. La presse en pleine expansion a de grands besoins. L’institution de la boîte à ordures par le préfet Poubelle, la confection de trottoirs, les travaux du baron Haussmann, la découverte de la pâte à papier et de la bakélite font disparaître cette profession à la fin du siècle. Pourtant, non seulement, les chiffonniers représentent une véritable force sociale mais ils vont marquer les esprits. Considérés comme des sages ou des philosophes, associés parfois au monde de la prostitution, ces oiseaux de nuit sont aussi des indicateurs de police. Dans son ouvrage, Antoine Compagnon nous fait revivre ces chiffonniers et surtout nous montre combien ils ont marqué la littérature et les arts au cours de ce siècle. Une lecture enthousiasmante.

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