Chronique Le Miel de Slobodan Despot

Isabelle Couriol Librairie de Paris (Saint-Étienne)

Le roman de Slobodan Despot nous entraîne dans un périple au sein de l’ex-Yougoslavie, au lendemain de la guerre des Balkans. Dès la première phrase, « Il est des pays où les autobus ont la vie plus longue que les frontières », il plante un décor de ruine, de désolation et de fin du monde. Au narrateur venue la consulter, Vera l’herboriste raconte son étrange histoire. Elle a sauvé un vieil apiculteur au bord d’une route. Quelques mois plus tard, le fils de celui-ci, Vesko, viendra lui confier le rocambolesque voyage qu’il venait d’entreprendre pour ramener son père à Belgrade. Installé dans une enclave serbe au cœur d’un pays croate sillonné par les armées oustachies, le vieil homme refusait de quitter sa cabane et ses abeilles. Il finira par suivre son fils, mais en emmenant sa réserve de miel. Ce miel, monnaie d’échange et symbole de douceur, permettra à Vera de sauver son commerce et cette rencontre de se sauver elle-même. Slobodan Despot nous offre un très beau premier roman à l’écriture colorée, chantante, qui évoque les images et la musique des films d’Emir Kusturica.

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