Entretien Robert Mitchum ne revient pas de Jean Hatzfeld

Isabelle Couriol Librairie de Paris (Saint-Étienne)

Un peu plus de vingt ans en arrière. C’est le début de la guerre en Bosnie. Un monde bascule, une ville est assiégée : Sarajevo. Ailleurs, on entend parler à la télévision de snipers, une guerre incompréhensible pour les Européens de l’Ouest. C’est dans ce décor que nous entraîne Jean Hatzfeld.

Jean Hatzfeld entraîne son lecteur au cœur d’un monde qu’il a bien connu en tant que correspondant de guerre. Ses personnages sont deux jeunes Yougoslaves épris l’un de l’autre qui se préparent pour les Jeux olympiques de Barcelone. Mais le 7 avril 1992, leur monde s’effondre. Ils deviennent serbe et bosniaque. Et pendant trois ans, des ennemis. Leur camp respectif les « engage » comme sniper, eux les champions de tir olympique. Ils se retrouvent alors en totale inadéquation avec leur environnement. La politique leur est étrangère, ils font pourtant l’objet de marchandage : participation aux combats contre participation aux Jeux olympiques. De plus, la guerre, ce sont les ordres qui ne se discutent pas, les informations, les rumeurs, la manipulation… l’horreur quotidienne, la peur au ventre et la mort en permanence. Avec « l’assassinat » d’une cantatrice américaine venue soutenir les assiégés et tuée à sa descente d’avion – un meurtre commandité par les uns et attribué aux autres –, la vie de nos deux protagonistes se trouve irrémédiablement bouleversée. Ce superbe roman replonge dans une guerre pas si lointaine, dont les traces et les plaies resteront encore longtemps vivaces.

 

Page — L’intrigue se situe en Bosnie-Herzégovine, où vous avez passé une partie de la guerre, et s’ouvre sur une scène de jogging. Qui sont les deux personnages que l’on découvre occupés à courir ?
Jean Hatzfeld — Elle s’appelle Marija, il s’appelle Vahidin. Ce sont deux jeunes gens qui appartiennent à l’équipe olympique de Yougoslavie et s’entraînent pour les Jeux olympiques de Barcelone. Au moment où le livre commence, ils courent à Ilidza, une banlieue toute proche de Sarajevo, ils courent et ils s’aiment. […]

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