Chronique Rester en rade de Hervé Bellec

Rester en rade fait partie de ces expressions qui, si elles ont un sens pour tout un chacun, en a un autre pour qui, comme Hervé Bellec, est amoureux de la rade de Brest. C’est à un tour intime qu’il nous convie dans ce petit texte magnifiquement illustré par Philippe Kerarvran, une visite privée en compagnie d’un guide qui en a arpenté tous les chemins, tous les ribinous, ces sentiers pas vraiment cartographiés qui vous entraînent du côté de Logonna-Daoulas, au-dessus de sa rade, à la pointe du Château, début d’une promenade légendaire, tantôt historique, tantôt rêvée. C’est ici qu’il veut rester, se poser, attendre, écouter. C’est un lieu magnétique entre eau douce et eau salée, convergence et point d’ancrage entre la terre et la mer, diplomatie des marées qui déposent sur les côtes de l’Aulne le sel de l’océan. La rade, c’est un creux, une coque de bateau, un lieu où se cacher, se sauver pendant la tempête, c’est le calme avant les creux du goulet, les petits ports où trois coquilles de noix s’échouent deux fois par jour. Hervé Bellec a travaillé sa prose, ciselé chaque mot comme une œuvre d’art, afin de nous raconter sa rade à nulle autre pareille.

JEAN-FRANÇOIS DELAPRÉ, Librairie Saint-Christophe, Lesneven

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