Chronique Le Souffle court de Massimo Carlotto

Marc Rauscher Librairie Majuscule Birmann (Thonon-les-Bains)

Quand le maître italien du roman noir s’attaque aux nouveaux visages du crime, il faut s’attendre à un récit haletant où la fiction n’a qu’une courte avance sur la réalité.

« C’est nous les plus méchants, ceux qui tuent leurs parents pour avoir droit à la promenade des orphelins », telle est la devise des membres du Dromos Gang. Ils se sont rencontrés dans l’université anglaise où ils étudiaient la finance. Tous sont issus de grandes organisations criminelles : la mafia russe pour Zosim, le recyclage de déchets et le trafic d’organes pour l’Indien Sunil, la Camorra pour Guiseppe et le blanchiment d’argent en Suisse pour Inez. Ces jeunes loups surdiplômés jugent leurs organisations tutélaires trop archaïques pour permettre un enrichissement rapide. Ils sont prêts à rompre avec, y compris au prix du sang. C’est à Marseille, nouvelle plaque tournante du crime mondial, qu’ils vont faire leurs armes, se heurtant au FSB (services secrets russes) et aux cartels sud-américains, mais surtout au commissaire Bourdet et son équipe de flics marginaux. La tranquille citée phocéenne se transforme rapidement en champ de bataille sans pitié d’une guerre secrète où la frontière entre truands et édiles est fort mince. Avec un réalisme glaçant, Massimo Carlotto propose un polar d’une grande noirceur sur l’émergence des nouvelles criminalités. Marseille n’en sort pas grandie.

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