Chronique Touiller le miso de Florent Chavouet

Marianne Kmiecik Librairie Les Lisières (Villeneuve-d'Ascq)

« Je suis parti au Japon pour boire du saké » : voilà qui a le mérite d’être clair ! Quoique, plus loin, l’auteur-illustrateur Florent Chavouet ajoute : « Finalement, je suis parti au Japon pour écrire des haikus ». Heureusement pour nous, amateurs du Japon, les deux ne sont pas incompatibles !

Lorsqu’en 2009, les Éditions Picquier nous ont fait le plaisir de publier Tokyo Sanpo, nous sommes nombreux à être tombés sous le charme du trait de crayon et de pinceau de Florent Chavouet. Cet auteur-illustrateur nous réjouissait en nous promenant en plein cœur des quartiers de la capitale nippone, s’arrêtant et attirant notre attention sur les détails les plus incongrus qu’il avait repérés, croquant ses pérégrinations, les choses et les gens qu’il croisait, et livrant des instantanés pleins de charme et d’originalité. Quand il a récidivé en 2010 avec Manabé Shima, nous avons exulté : bien loin des sentiers foulés par les hordes touristiques, Florent Chavouet nous entraînait sur une toute petite île très peu connue où « les poissons poussent très bien ». Curieux de tout et de tous, le dessinateur excelle à mettre en avant les détails ordinaires qui font bien souvent le charme de nos découvertes et de nos voyages. Également l’auteur d’un manga/polar, Petites coupures à Shioguni, en 2014, et toujours aux impressionnantes Éditions Picquier, le bédéiste nous avait alors emportés dans une ville nippone indéterminée et avait imaginé une intrigue foisonnante peuplée de yakuzas, de cuisiniers, de policiers et de situations rocambolesques. Il revient cette fois avec Touiller le miso, un magnifique carnet de voyage (parce qu’il est impossible pour le dessinateur de rester loin du pays du soleil levant bien longtemps) qui prend pour fil conducteur le saké et les haikus ! Un programme réjouissant pour tous les aficionados de beaux livres, de croquis, et pour tous ceux qui voudraient (re)visiter le Japon ! Se renouvelant à chaque parution, Florent Chavouet réinvente l’exercice du carnet de voyage, trouvant inlassablement de quoi attirer notre attention et nous interpeller. Entrons donc à sa suite dans tous les « Kaku Uchi », petits commerces où l’on vend et boit de l’alcool, surtout du saké de production locale ; observons les mille et un détails dessinés ; laissons-nous subjuguer par les atmosphères si bien recréées et amusons-nous des anecdotes racontées ! C’est un livre merveilleux qui, en plus d’être magnifiquement beau, est aussi plein d’humour et très poétique : « La moitié de moi vous suffira, mes deux mains sont pour quelqu’un » ; « Touiller le miso, revoir les morceaux de navet, boire tout le bol ». Un voyage étonnant, plein de curiosités, où l'on ressent toute la tendresse qu’éprouve l’auteur pour un pays dont on ne se lasse jamais !

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