Chronique Une dernière fois la nuit de Sébastien Berlendis

Marie Hirigoyen Librairie Le Jardin des Lettres (Craponne)

Comment la faible capacité respiratoire exacerbe la sensation de présence au monde et force à aspirer littéralement l’esprit des lieux. Un premier récit prometteur, qui ne manque pas… de souffle.

Le texte de Sébastien Berlendis a quelque chose d’une partition. La métaphore musicale irrigue l’écriture, elle éblouit, envoûte, émeut dès les premières phrases. Sébastien Berlendis explore sa mémoire et retrouve les sensations anciennes de l’enfant et de l’adolescent qu’il a été. Des années enfuies marquées par les crises d’asthme. De l’intérieur d’une maison abandonnée au cœur des Alpes affleurent les souvenirs de la souffrance : Confiné dans une chambre, le personnage a la puissante intuition de l’immensité du monde qui bruisse au dehors, et se nourrit des récits de voyage d’un oncle toujours en partance. De courts paragraphes haletants, lancinants disent les senteurs résineuses de la forêt, les bains de vapeur à San Pellegrino, la maladie insidieuse qui ronge Simona, le premier amour, mais aussi la délivrance que constituent les séjours à Trieste, cette ville de l’Adriatique sur laquelle souffle parfois la bora, les plongeons dans la mer, la découverte du corps des femmes… Entre étouffement et explosion des sens, la rage de vivre prend le dessus et offre au temps qui passe « un corps de résistance qui fait barrage à l’affaissement ».

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