Chronique Philida de André Brink

Marie Hirigoyen Librairie Hirigoyen (Bayonne)

André Brink, s’appuyant sur des sources précises, s’est attaché au parcours d’une jeune femme noire, propriété de ses ancêtres afrikaners. À la manière d’un conteur populaire qui prend une voix reconnaissable pour chacun de ses personnages, il intègre la pensée magique en prise avec les forces invisibles de la montagne ou des rivières, ainsi que les anciens mythes khoe sur la mort, les revenants et la place de l’homme dans l’univers. Il dit crûment la lubricité et l’extrême cruauté des maîtres, la torture banalisée, la dépendance, les humiliations, mais aussi la traite des esclaves déportés des colonies hollandaises d’Extrême-Orient. Pas à pas, Philida s’extrait de ce carcan intériorisé au plus profond, jusqu’à ce « jour bleu » de 1833 où fut proclamé l’abolition de l’esclavage dans tout l’empire britannique. La société tremble alors sur ses fondements, les Afrikaners, menacés dans leurs privilèges, se dressent contre les Anglais, ce qui déclenchera quelques années plus tard la première guerre des Boers.

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