Chronique Mauvais calcul de Anders Bodelsen

Marie HIRIGOYEN (Le Jardin des lettres - 69290 Craponne)

L’ironie du sort met l’automobile au centre d’un thriller psychologique où fonctionne à merveille une impeccable et glaçante… mécanique !

 

Anders Bodelsen s’affirme déjà en 1968, date de parution au Danemark de Mauvais calcul, comme un chef de file du roman noir venu du Nord. Henrik Mork, cadre dans l’industrie automobile, se voit gratifié d’une promotion : il doit suivre la construction d’une nouvelle usine d’assemblage. Le soir de la signature du contrat, pour échapper à ses contrariétés, son nouveau poste, sa femme plus ou moins dépressive et l’achat d’un terrain inondable dans un lotissement, il se laisse entraîner dans une maison isolée en haut d’une falaise pour une fête improvisée. En pleine nuit, complètement ivre, il reprend la route sous la neige et percute un vieil homme à vélo qui meurt sur le coup. Sans hésiter, il choisit la fuite et, jour après jour, l’angoisse le gagne d’être découvert. Il est alors saisi par l’obsession des minutes qui s’écoulent et dont il tient le décompte, comme si la mesure obsessionnelle du temps l’éloignait peu à peu du danger. C’est là que Bodelsen réussit un tour de force : il invite le lecteur complice dans la conscience torturée du héros qui s’ingénie à trouver de multiples parades pour maintenir les apparences sans que sa vie bien réglée ne change le moins du monde, jusqu’au jour où… La suite dira s’il est cynique ou lucide, lâche ou pragmatique…

 

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