Chronique Au bord de la mer violette de Alain Jaubert

Marie Hirigoyen Librairie Le Jardin des Lettres (Craponne)

Marseille, juin 1875 : deux jeunes exilés, hantés par l’appel du grand large, se croisent dans un café du Vieux-Port. Il s’agit rien moins que d’Arthur Rimbaud et Joseph Conrad. Ensemble, ils projettent leurs rêves bruissants d’exotisme sur « la fastueuse abondance de coques et de gréements », qui ne cessent de décharger épices et bois précieux sur les quais. On vient d’ouvrir le canal de Suez, fabuleux appel d’air vers l’Orient. Du coup, « la planète entière […] semble inscrite sur le plan d’eau rectangulaire du port ». Quelques années plus tard, l’homme aux semelles de vent reviendra finir sa courte vie dans un hôpital de la ville. À l’intérieur de son esprit embrumé par la morphine, défilent les images d’Abyssinie, tandis que son corps n’est que souffrance. En 1921, Conrad, auteur alors reconnu, arpente le port qui a vu naître ses grandes espérances et se remémore ses fortunes de mer. Alain Jaubert retrouve ici la verve chatoyante du roman d’aventures Val Paradis (Gallimard).

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