Chronique Septembre de Jean Mattern

Marie Hirigoyen Librairie Le Jardin des lettres (Craponne)

1972. JO de Munich : « Septembre noir » assassine… tandis que le regard subtil de Jean Mattern se pose sur la puissance explosive d’une rencontre. Bouleversant.

Si Jean Mattern explore dans son nouveau roman un thème qui lui est familier, celui du poids du passé, conjugué de l’individu au collectif, sa plume est radicalement différente. Rompant avec le jeu des glissements du temps, il met en œuvre une tension palpable et efficace. Trente-six ans après les jeux de Berlin, vitrine de la mégalomanie nazie filmée avec complaisance par Leni Riefenstahl, toute une nation veut montrer « l’allégresse bon enfant de la nouvelle Allemagne ». Bien plus tard dans sa vie, Sebastian, le narrateur, raconte et veut se libérer « des réminiscences qui finissent par peser trop lourd si nous ne les habillons pas de mots ». Alors jeune journaliste, il est dépêché à Munich par la BBC pour un reportage plus culturel que sportif. Dès le premier jour, il croise le regard sombre de Sam Cole, qui représente un journal new-yorkais. Une rencontre qui le dévoilera à lui-même. Une révélation intime en coïncidence insupportable avec une réalité brutale. En effet, structuré par une impeccable architecture dramatique, organisé autour d’un point crucial, le récit bascule la nuit où un commando palestinien prend en otage onze athlètes israéliens. L’existence de Sebastian en est affectée à jamais, hantée par la perte et le non-dit.

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