Chronique Mina Loy, éperdument de Mathieu Terence

Marie Hirigoyen Librairie Hirigoyen (Bayonne)

Mathieu Terence a fait du portrait de femmes libres et anticonformistes un des motifs de son œuvre. Fasciné depuis toujours par la figure haute en couleur d’Arthur Cravan, poète-boxeur, neveu d’Oscar Wilde, c’est tout naturellement qu’il s’est intéressé au parcours singulier de sa femme, Mina Loy. Née dans une famille juive hongroise à Londres, victorienne et corsetée, Mina (née Löwry) s’empresse de les fuir l’une et l’autre dès ses dix-huit ans pour intégrer une école d’art à Munich. De Florence à Paris, puis de New York à Mexico, dans un monde en mutation, elle promène « sa souveraine indépendance (…) fuyant l’ennui comme la pire des pestes ». Peintre, poète, essayiste, elle s’est frottée à toutes les tendances artistiques et politiques du xxe siècle. Si elle croise Duchamp, Pound, Joyce, Picabia…, si elle plonge dans la passion pour Cravan, c’est plus, écrit-elle, séduite par « ce que si peu visent, le fini somptueux de l’irréversible » que par l’avant-garde pure. Avec délicatesse, Mathieu Terence a mis ses pas dans les siens, a saisi son écho au cours de ses voyages, admiratif de sa modernité et de son extrême lucidité.

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