Chronique Écoute la pluie de Michèle Lesbre

MARIE HIRIGOYEN, Librairie Le Jardin des lettres, Craponne

« J’ai toujours eu peur de l’oubli, cette grande nuit aveugle » est une phrase qui éclaire toute l’œuvre de Michèle Lesbre. Elle y rend hommage à un fils d’ouvriers polonais émigrés en Lorraine. Entré très jeune en Résistance, il connaîtra la déportation, puis de longues années de prison en France après guerre pour n’avoir pas cessé de se rebeller contre le nouvel ordre établi sur les scories de la Libération. Ce retour sur la mémoire, Michèle Lesbre en fait le point de départ de son roman. Sur le quai du métro, après un sourire échangé, la narratrice assiste au drame : « Il a sauté sur les rails comme un enfant qui enjambe un buisson, avec la même légèreté ». Bouleversée, elle renonce à prendre le train pour Nantes et retrouver celui qu’elle aime. Commence alors une errance nocturne dans Paris. Chaque souvenir en appelant un autre, tout lui revient en un flux incessant. Et c’est bien cette fluidité, ce mouvement de la mémoire fonctionnant par échos qui fait la singularité de Michèle Lesbre.

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