Chronique Les Invisibles de Roy Jacobsen

  • Roy Jacobsen
  • Traduit du norvégien par Alain Gnaedig
  • Coll. «Coll. « Du monde entier »»
  • Gallimard
  • 11/05/2017
  • 272 p., 21 €

Isabelle Theillet Librairie Mots & Motions (Saint-Mandé)

Qui sont ces mystérieux invisibles qui vivent dans de toutes petites îles au nord de la Norvège au début du XXe siècle ? Des gens simples et courageux, ou des philosophes ?

Roy Jacobsen démarre son roman par une visite du pasteur à Hans Barroy, « pêcheur et paysan, propriétaire légitime de l’île et chef de la seule famille qui y vit ». Famille composée du vieux Martin, père de Hans et veuf depuis dix ans, de Barbro, la jeune sœur de Hans, handicapée mentale, de Maria, la femme de Hans, et de leur fille Ingrid qui a trois ans. Cette visite montre le décalage entre ce pasteur, qui a toujours vécu sur la Grande île et n’est jamais venu jusque-là, et ces gens habitués à la mer et aux animaux qui les environnent, mouettes, goélands, sternes et autres. Difficile de rendre l’atmosphère particulière de ce livre rythmé avant tout par les saisons. Oui, c’est la nature qui décide. Si une tempête fait rage, il faut se mettre à l’abri et survivre. Un des personnages clés est la petite Ingrid que l’on voit grandir plus vite que la normale jusqu’à ce qu’elle devienne le nouveau maître de l’île. Pas le choix dans de telles conditions de vie. L’auteur décrit les taches quotidiennes de manière presque laconique et répétitive en insérant de superbes réflexions poétiques. Il nous apprend qu’une île ne sombre jamais malgré les épreuves traversées. Une belle leçon de vie et d’humilité.

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