Chronique Jefferson de Jean-Claude Mourlevat

Isabelle Theillet Librairie Mots & Motions (Saint-Mandé)

Depuis La Ballade de Cornebique (Folio Junior), il y avait longtemps que Jean-Claude Mourlevat ne nous avait pas proposé de fable animalière. Le voilà de retour avec un polar ébouriffant qui ne vous laissera pas indifférents. Son nouveau héros s’appelle Jefferson Bouchard de La Poterie : un nom prometteur, s’il en est !

Jefferson est un adorable hérisson de « 72 centimètres de frousse et de courage », comme l’auteur le définit lui-même. Ce matin d’automne où le roman commence, Jefferson a constaté dans le miroir que sa gracieuse houppette était en bataille. Pas question de la laisser en l’état : il est grand temps pour lui de se rendre chez son coiffeur favori Edgar, le blaireau placide et débonnaire du salon Défini-Tif. Edgar a une immense qualité : il sait couper les cheveux en silence ! Et puis il a une nièce charmante, Carole, qui shampouine à merveille et pour laquelle il semblerait que Jefferson ait un petit faible. Alors qu’il est en route, Jefferson manque de se faire écraser par une voiture conduite par deux horribles humains. Perturbé par cette mésaventure, Jefferson décide de se rendre d’abord à la bibliothèque pour rendre le livre qu’il vient de dévorer, Seul sur le fleuve de l’aventureux Chuck, un humain au grand cœur. Lorsqu’il arrive enfin au salon de coiffure, il n’arrive pas à ouvrir la porte. Il voit seulement une chèvre d’âge respectable endormie sur un fauteuil, avec son casque à bigoudis. Ne voyant ni Edgar ni Carole, il décide de pénétrer par une fenêtre ouverte à l’arrière du salon. Quelle n’est pas sa stupeur lorsqu’il découvre le cadavre d’Edgar, des ciseaux plantés dans la poitrine. C’est là que les ennuis commencent pour Jefferson. Au lieu d’appeler les secours, il tente de retirer les ciseaux du corps du blaireau. Or, comme nous le précise l’auteur fort justement, « on croit qu’une lame enfoncée dans un corps se retire comme d’une motte de beurre, c’est faux : ça adhère ! ». Au même moment, la cliente chèvre se réveille et voyant la scène du meurtre sous ses yeux crie à l’assassin. Deuxième erreur de Jefferson : paniqué, il s’enfuit… et se désigne ainsi comme le coupable idéal. Obligé de se cacher pour ne pas être arrêté, Jefferson sollicite l’aide de son grand copain Gilbert, un petit cochon déluré. Pour pouvoir se tirer d’affaire, Jefferson doit mener l’enquête et retrouver le coupable du meurtre. Nos deux compagnons vont partir en voyage organisé au pays des humains où ils auront l’occasion de rencontrer de nouveaux amis, animaux délicieux et drôles qui permettent à notre auteur de bien s’amuser mais aussi de défendre la cause animale. Ne comptez pas sur moi pour vous dévoiler la suite de l’intrigue. C’est un polar mené tambour battant, drôle mais aussi éprouvant, la tendresse et l’amitié ayant finalement gain de cause. Du très bon Mourlevat !

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