Chronique Les Ongles de Mikhaïl Elizarov

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Isabelle Theillet Librairie Mots & Motions (Saint-Mandé)

« Bakatov et moi, on s’est fréquentés tous les deux dès la pouponnière. » Avec le Russe Elizarov, né en 1973, on entre sans détour dans le vif du sujet, en suivant les parcours de deux orphelins au fond d’un pensionnat pour handicapés mentaux. Bakatov est affublé d’un crâne à la forme bizarre et bave tout le temps. Le narrateur, Gloucester, est né bossu. Nos deux héros vivent de drôles de mésaventures, à commencer par les humiliations permanentes qu’ils subissent, jusqu’à leurs 18 ans, de la part d’une partie du personnel de l’orphelinat. Mais c’est aussi un tableau de la Russie que brosse l’auteur. Il dépeint un pays et deux périodes – l’ère soviétique et le présent –, qui ne font guère plus envie l’une que l’autre. Gloucester se révèle un génie du piano, tandis que son sort est étroitement lié, pour des raisons obscures, à un rituel auquel son ami Bakatov se livre tous les mois après avoir fait pousser ses ongles. En quatrième de couverture, l’éditeur cite un article du Berliner Zeitung consacré au roman et dans lequel on peut lire ce commentaire : « Un mélange alchimique de Gogol, de réalité russe et de magie noire ». À l’évidence, Les Ongles apparaît comme un roman insolite !

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