Dossier Le Nez de Camille Dolladille

Par Aurélia Durandal, Librairie Liragif, Gif-sur-Yvette

Beaucoup de classiques ont été adaptés à de multiples reprises afin de les rendre plus accessibles aux enfants. Qu’est-ce que ces nouvelles versions possèdent que les autres n’avaient pas ? Une interprétation inédite, une nouvelle occasion de partager avec les plus jeunes ces textes qui nous ont fait rêver.

Il existe au rayon jeunesse de vos librairies une grande diversité d’albums. On les croit trop souvent réservés aux petits. Alors quoi, les enfants plus grands n’auraient pas le droit à des livres d’images eux aussi ? Car attention, il existe des merveilles dont les vertus ne consistent pas seulement à ouvrir l’imaginaire de leurs lecteurs. Il s’agit parfois aussi d’initier aux richesses de la littérature. J’entends déjà les objections : les grands textes, il faut les lire dans leur intégralité. À quoi je répondrai ceci : faire découvrir un classique à un jeune enfant sous une forme abrégée, c’est lui transmettre quelque chose. D’abord les bases d’une culture universelle puisque tel ou tel archétype littéraire peut être repris dans une autre œuvre d’art, mais surtout faire partager le plaisir de lecture que l’on a pris soi-même en découvrant un texte. L’adaptation d’œuvres longues ou complexes ne dépend pas seulement du travail de la langue. On peut les découper en épisodes en reprenant la structure du roman. L’illustration tient une place importante, car à elle seule elle crée une ambiance qui renforce le texte. Ainsi, dans L’Île au trésor , le papier crème et les illustrations noir et blanc rappellent l’époque de ce roman d’aventure et évoquent le journal de bord des marins. Les grandes images, quant à elles, permettent au lecteur de s’immerger dans le texte et, pourquoi pas, de s’identifier au personnage principal, Jim Hawkins, qui doit se débrouiller dans le monde sans pitié des pirates.

Dans Pinocchio , le texte, découpé en courts épisodes, respecte les étapes que le pantin traverse pour exaucer son vœu et devenir un vrai petit garçon. Les illustrations très colorées donnent au texte un côté vivant et onirique, qui restituent l’esprit du texte originel et nous permettent de revisiter ce conte mal connu.

Enfin, il faut saluer le travail de Camille Dolladille qui a réussi à rendre accessible cette nouvelle de Gogol où un nez décide de vivre sa vie. Le voilà se pavanant à travers Moscou ! Du texte, l’auteur dégage l’humour absurde, qu’il souligne par une utilisation particulière de la typographie et le recours à des illustrations colorées et fantaisistes.

Si, comme l’écrivait Italo Calvino, « un classique est un livre qui n’a jamais fini de dire ce qu’il a à dire » , il faut publier de grands textes illustrés pour ne pas en priver les jeunes lecteurs qui, les découvrant enfants, auront plaisir à les reprendre puis à les partager une fois adultes.

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