Chronique Jayne Mansfield 1967 de Simon Liberati

DURANDAL AURÉLIA, Librairie LIRAGIF, Gif-sur-Yvette

Alors que le cinéma la rejetait, Jayne Mansfield a décidé d’être célèbre à défaut d’être une star. Prise à son propre jeu, elle a fini broyée par la société de l’image.

Extérieur nuit : une Buick Electra bleue vient s’encastrer dans un semi-remorque. C’est au travers de ce plan cinématographique que Simon Liberati ouvre l’un des romans les plus singuliers de cette rentrée littéraire. Dans la lignée du De sang-froid de T. Capote, l’auteur s’empare d’un fait divers pour en faire le symbole d’une époque. Comme son prédécesseur américain, il s’est livré à une véritable enquête qui vient contredire la légende de la mort de la dumb blonde. Progressivement, dans la description quasi clinique de la scène de l’accident et dans l’évocation des derniers mois de l’actrice, se dessine le portrait de l’une des dernières baby dolls. De Jayne Mansfield, on n’apprend pas grand-chose et pourtant on devine sa tragédie. Pour l’évoquer, Liberati nous parle de son corps qui, avant sa mort, porte la marque de ses excès puis devient un tas de chair déshumanisé. Il écrit son obsession des médias, la course à la célébrité qui va précipiter sa chute. Bien avant les bimbos d’aujourd’hui, Jayne Mansfield a saisi le pouvoir de l’image, le changement d’ère qui fait que, des icônes du cinéma aux starlettes des magazines, on n’existe plus par la seule force de son talent mais en fonction du nombre de couvertures sur lesquelles on apparaît.

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