Chronique Une petite guerre parfaite de Elvira Dones

  • Elvira Dones
  • Traduit de l’italien par Leïla Pailhès
  • Coll. «Coll. « Bibliothèque italienne »»
  • Métailié
  • 10/10/2013
  • 180 p., 17 €

Charlène Busalli Librairie du Tramway (Lyon)

En 2005, Elvira Dones avait publié chez Anne Carrière le rude et poignant Soleil brûlé. Une petite guerre parfaite, qui sort ces jours-ci chez Métailié, plonge au cœur de la guerre du Kosovo. L’auteure poursuit son exploration des facultés humaines à affronter l’horreur.

Pristina, 24 mars 1999. Rea fête ses 24 ans chez son amie Nita tandis que les premières bombes de l’OTAN commencent à tomber. Absurde de fêter son anniversaire un tel jour ? C’est ce que pense son petit ami Art qui, de manière non moins absurde étant donnée la suite des événements, se réjouit pour sa part de ces frappes chirurgicales censées libérer les Kosovars du joug des Serbes en « soixante-douze heures maximum ». Mais la fête ne va pas durer longtemps. Rea reste cachée chez Nita tandis que la ville se retrouve assiégée par les Serbes. Une partie de la famille de Nita les rejoint bientôt, mais seule sa sœur Hana reste avec elles, alors que les autres tentent de s’échapper lorsque les Serbes ouvrent des points de passage aux abords de la ville. Ils sont loin de se douter de ce qui les attend. Ces journées se solderont par d’atroces massacres et des crimes de guerre. Elvira Dones a choisi de raconter la guerre selon plusieurs points de vue. Il y a d’abord ces femmes qui sont restées en ville, ne pouvant faire autrement que d’attendre la fin de la folie meurtrière. Il y a ceux et celles qui se sont fait arrêter et qui seront les premiers à connaître l’horreur de la guerre. Enfin, il y a ceux qui vivent le conflit depuis l’étranger, tentant désespérément d’obtenir des nouvelles de leur famille. Le style sobre, dépouillé, qui évoque bien l’idée de petite guerre parfaite, est ce qui donne toute sa force à ce roman éprouvant. Elvira Dones rapporte qu’un éditeur lui a dit un jour que « personne ne publierait un énième livre sur la guerre ». Elle affirme avoir écrit ce livre pour relever le défi de son interlocuteur, et aussi parce que « les guerres se succèdent et, à la fin, on oublie ». Il s’agit, c’est vrai, d’un énième roman sur la guerre ; et c’est pour cela qu’il faut le lire.

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