Chronique Si tard, il était si tard de James Kelman

  • James Kelman
  • Traduit de l’anglais (Écosse) par Céline Schwaller
  • Coll. «Coll. « Bibliothèque écossaise »»
  • Métailié
  • 10/09/2015
  • 398 p., 21 €

Charlène Busalli Librairie du Tramway (Lyon)

Il aura fallu vingt ans pour voir ce roman de l’Écossais James Kelman publié en français. Mais l’attente en valait la peine. Amateurs d’humour noir, vous allez être servis !

Sammy se réveille sur un banc après une cuite monumentale, portant aux pieds des baskets qui ne sont pas les siennes, à côté de ses pompes comme il l’est tout le temps. Des policiers qui passent par-là le trouvent hautement suspect. Ils l’embarquent fissa et le tabassent à tel point qu’il en perd la vue. Commence pour Sammy une véritable odyssée afin de retrouver un quotidien, certes pas terrible, mais au moins en technicolor. À travers la voix de ce drôle d’énergumène, c’est le Glasgow des petits boulots, des virées au pub, des files d’attente à l’agence pour l’emploi et à la NHS (la Sécu britannique), que James Kelman évoque avec toute l’absurdité qui les caractérise. Ce roman avait choqué l’intelligentsia anglo-saxonne en obtenant en 1994 le Booker Prize (l’équivalent de notre Goncourt), alors qu’on y trouve le mot « fuck » et ses moult dérivés pas loin de 3 000 fois ! Ce qui donnait la voix de Sammy authentique a aussi donné au livre sa réputation d’être intraduisible. C’est Céline Schwaller, la traductrice de La Sauvage, le magnifique mais non moins difficile premier roman de Jenni Fagan, également aussi paru chez Métailié, qui a relevé le défi, et c’est une belle réussite !

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