Chronique Frog Music de Emma Donoghue

  • Emma Donoghue
  • Traduit de l’anglais (Irlande) par Christine Barbaste
  • Coll. «Coll. « La Cosmopolite »»
  • Stock
  • 22/04/2015
  • 486 p., 22.50 €
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Charlène Busalli Librairie du Tramway (Lyon)

L’auteure de Room et Égarés (Le Livre de Poche) revient avec un roman enlevé, autour d’une amitié entre deux jeunes femmes qui ne s’en laissent pas conter. Une plongée dans le San Francisco du xixe siècle incroyablement rythmée et colorée.

En cet été 1876, San Francisco étouffe sous un soleil de plomb. Blanche a horriblement chaud dans sa robe de danseuse de cabaret et, pour couronner le tout, elle se fait renverser par un énergumène à vélocipède. C’est ainsi qu’elle fait la connaissance de Jenny, l’énergumène en question, qui s’évertue à vouloir porter un pantalon, ce qui lui vaut de se faire arrêter régulièrement par la police. Et ce n’est pas la moindre de ses excentricités, puisqu’elle gagne sa vie en attrapant des grenouilles qu’elle revend aux restaurants français de la ville. Un maigre gagne-pain, contrairement à celui de Blanche qui, en plus de ses numéros de danse, fait aussi quelques passes, car il faut bien cela pour entretenir son compagnon et payer la nourrice de leur fils p’tit Arthur. Malheureusement, l’amitié qui se développe rapidement entre les deux jeunes femmes sera de courte durée, car on découvre bientôt Jenny gisant au milieu d’une mare de sang, abattue par balle dans la chambre d’une petite pension familiale. Blanche n’aura alors qu’une idée en tête : obtenir justice pour le meurtre de Jenny, quoi qu’il en coûte. Les personnages de ce livre sont si romanesques que, lorsqu’on apprend dans la postface rédigée par l’auteure qu’elle s’est inspirée d’une histoire vraie, un fait divers relaté dans les journaux de l’époque, on a du mal à la croire. Emma Donoghue excelle dans la construction d’atmosphères bluffantes. On ressent la chaleur pesante de cet été-là, on baigne dans les chansons traditionnelles françaises dont Blanche raffole, on s’insurge avec elle face au sentiment d’injustice et on partage la culpabilité qu’elle ressent confrontée à ses propres erreurs. On sort de ce roman le cœur bourré d’émotions et néanmoins ravi d’avoir fait un bout de chemin aux côtés de ces personnages hauts en couleur.

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