Chronique Son of a Gun de Justin St. Germain

Charlène Busalli Librairie du Tramway (Lyon)

Dans un récit autobiographique touchant, Justin St. Germain raconte le chagrin d’un fils qui a perdu sa mère, la vie au sein d’une petite ville de l’Ouest américain et l’omniprésence des armes à feu dans l’Amérique rurale.

Septembre 2001 revêt pour Justin St. Germain une autre signification que la seule attaque des tours jumelles du World Trade Center. Car, quelques jours après les attentats, alors qu’il est âgé de 20 ans, sa mère Debbie est retrouvée morte dans sa caravane, tuée par son cinquième mari. Dix ans plus tard, Justin St. Germain revient sur cet événement tragique qui a marqué sa vie, afin, dit-il, que ce meurtre ne tombe pas dans l’oubli. Il raconte cette mère imparfaite mais aimée malgré tout, dont le plus grand défaut fut sans doute de ne pas avoir su choisir correctement les hommes qu’elle fréquentait. Il raconte une enfance et une adolescence sans père, passées dans des petites villes minables de l’Ouest, à boire et à s’engueuler avec le partenaire du moment de sa mère. Il raconte enfin toutes les phases par lesquelles il sera passé avant de pouvoir faire le deuil de cette mère assassinée : le chagrin et la douleur, la colère et l’incompréhension, le questionnement et, enfin, l’écriture. Mais le livre de Justin St. Germain n’est pas seulement le bel hommage d’un fils à sa mère. Car toute sa force réside dans le fait que son jeune auteur de 30 ans parvient à transcender son histoire personnelle pour offrir un document édifiant sur l’Amérique rurale contemporaine. Le sujet de la place des armes à feu est notamment traité avec un recul qui donne à réfléchir. En effet, la mère de Justin St. Germain est morte dans la ville de Tombstone, en Arizona, célèbre pour avoir été le théâtre de la fameuse fusillade d’O.K. Corral. Un fait pour le moins significatif quand on sait que la figure centrale de la fusillade, le marshal Wyatt Earp, reste à ce jour le symbole vivant de cette « croyance qu’un homme résout ses problèmes en faisant usage de violence ».

 

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