Chronique Lettre au dernier grand pingouin de Jean-Luc Porquet

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Charlène Busalli Librairie du Tramway (Lyon)

Le dernier grand pingouin s’est éteint en 1844, tué par la main de l’homme. Qu’à cela ne tienne, Jean-Luc Porquet s’adresse à lui à travers l’au-delà en nous prenant à témoin.

Un oiseau qui ne sait plus voler depuis qu’il a laissé ses ailes s’atrophier, se croyant en sécurité sur ses îles lointaines de l’Atlantique Nord… L’occasion était trop belle pour la laisser passer. Il n’aura pas fallu longtemps à l’homme pour exterminer une espèce apparue il y a trois millions d’années, pour une simple histoire de chair goûteuse et d’oreillers rembourrés. D’autant plus qu’avec son air nigaud, on ne culpabilise pas trop en tuant un animal qui n’a même pas la jugeote de lutter pour sa propre survie. Ce n’est pas exactement une lettre d’excuse que lui adresse Jean-Luc Porquet – bien que la tentation soit grande de s’excuser pour l’inconséquence de l’homme en tant qu’espèce –, mais plutôt une élégie. À travers son hommage au grand pingouin, ce livre est un véritable chant d’amour dédié au monde animal et végétal, aux martinets qui dorment en volant, à la grande barrière de corail et son architecture monumentale, à tous ces poissons qui disparaissent des océans. Convoquant Montaigne, Michelet, ou encore Orwell, Jean-Luc Porquet mêle tour à tour poésie, humour et érudition dans cette dénonciation de l’immense destruction en cours.

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