Chronique Irmina de Barbara Yelin

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François-Jean Goudeau La Bulle – Médiathèque de Mazé

Le nouveau roman graphique de Barbara Yelin, qui succède à L’Empoisonneuse (scénarisé par Peer Meter, l’un des meilleurs titres parus en 2010 chez Actes Sud - L’An 2), est un récit et un portrait déroutants : ceux d’une femme qui tente de survivre à un contexte particulièrement trouble, celui des années 1934 à 1983. C’est surtout la trajectoire d’Irmina sous le Troisième Reich qui est décrite au long de ces 200 pages, nous interrogeant sur le destin paradoxal d’une jeune fille qui bascule d’une jeunesse londonienne – où elle brave les interdits pour s’émanciper socialement aussi bien qu’amoureusement, auprès d’une Lady ancienne suffragette et d’un brillant étudiant Barbardien –, à l’illusion de pouvoir se réaliser auprès d’un mari SS et au cœur d’un Berlin empuanti par l’idéologie nationale-socialiste. Le dessin, appliqué, vivant, habité, accompagne cet étrange destin où, comme dans le Spreewald, « on ne peut que tourner en rond ». Une œuvre signée par une auteure dont la génération (elle est née en 1977) ose sonder la douloureuse histoire de son pays. Sans fards. Un livre dérangeant et fascinant.

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