Chronique Le Bruit des autres de Amy Grace Loyd

Coline Hugel Librairie La Colline aux Livres (Bergerac)

Bruits de pas, bruits de chute, cris de joie, disputes, bruits d’amour, bruits de fête, on entend beaucoup de choses chez nos voisins, dont certaines que l’on aurait préféré ne pas connaître…

Après avoir perdu son mari, Celia a acheté un immeuble dans Brooklyn. Ses locataires, elle les a choisis avec grand soin et tient à les conserver à tout prix. Ils sont calmes et respectueux de l’intimité de chacun, ce qui est d’une grande valeur à ses yeux. Depuis qu’elle est seule, elle reconstruit doucement son univers et tient les autres à distance. Mais un jour, un élément inattendu s’immisce dans ce cocon organisé. La belle et flamboyante Hope lui demande l’autorisation de sous-louer l’appartement occupé par George, locataire parfait qui n’a qu’un seul défaut, celui de vouloir partir quelque temps en France… Un peu contrainte, pas mal séduite malgré elle, Celia accepte le surgissement de cet élément inhabituel au sein de son existence. Et ce n’est que le début des bouleversements… Que sait-on de la vie des autres ? Comment imagine-t-on des histoires quand on a que le son et que l’on doit inventer les images ? Peut-on accepter l’intrusion du monde extérieur quand on a décidé de vivre replié sur soi ? C’est à ces questions (et à beaucoup d’autres) que répond Amy Grace Loyd dans ce premier roman au charme très new-yorkais. Il y a du Paul Auster dans cette ambiance urbaine délicate et humaine, ce chassé-croisé des habitants de l’immeuble a priori sans histoires, mais qui se révèlent finalement plus imprévisibles qu’il n’y paraît. Celia se retrouve ballottée entre un vieillard fugueur, une militante acharnée dont le couple bat de l’aile et une âme en perdition. Ces événements inattendus arriveront-ils à percer sa carapace patiemment construite ? Celia est prudente, et pourtant… « Ce que je savais du bonheur, c’était qu’il s’exprimait mieux à petites doses ; il était fait pour le sprinteur ou la vague qui se brise sur les rochers, on ne pouvait pas l’attraper ni l’observer avec prudence, et impossible de prévoir son départ. »

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