Chronique Eileen de Ottessa Moshfegh

  • Ottessa Moshfegh
  • Traduit de l’anglais (États-Unis) par Françoise du Sorbier
  • Fayard
  • 13/01/2016
  • 300 p., 20 €

Coline Hugel Librairie La Colline aux Livres (Bergerac)

Jusqu’où peut-on aller quand on est fasciné par quelqu’un ? Est-ce qu’on peut accepter le pire comme le meilleur ? Peut-on même y trouver une forme de libération ?

« J’étais comme Jeanne d’Arc ou Hamlet, mais née par erreur dans la vie de quelqu’un d’autre, une nullité, une petite paumée, une fille invisible. Il n’y a pas de meilleure façon de me décrire. À cette époque, je n’étais pas moi-même. J’étais quelqu’un d’autre. J’étais Eileen. » À 24 ans, entre une mère morte, un père alcoolique, mauvais, malheureux, à moitié impotent, et un boulot pas franchement épanouissant dans une maison de correction pour mineurs délinquants, Eileen ne se réalise pas vraiment. Sa vie se résume aux virées quotidiennes au magasin de liqueurs (pour approvisionner son père), à ses collègues de travail, « deux horribles bonnes femmes d’un certain âge, coiffées de choucroutes », et aux fantasmes qu’elle entretient en rêvant aux biceps musclés et à l’entrejambe de Randy, un des gardiens de jour de la prison. Jusqu’au jour où arrive Rebecca. Il est toujours étonnant de se passionner pour un personnage plutôt antipathique. Eileen n’est pas totalement détestable, mais elle a bien du mal à se montrer sous son meilleur jour. Et pourtant, on s’attache à elle. Et on rêve de lui dire de monter dans sa chère Dodge toute pourrie et de fuir cet environnement sclérosant.

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