Chronique Mauvais joueurs de Julien Dufresne-Lamy

Mauvais Joueurs s’ouvre sur une fête d’anniversaire. Marceau a 6 ans et une partie de jeu de l’oie commence. Le jeu de société sera le fil rouge de ce roman habilement construit, où tension et malaise s’installent vite. Marceau a deux sœurs, il est « l’enfant du milieu » ; sa mère est très proche de ses enfants mais connaît des périodes mystiques que le père fait tout pour cacher. Le père est distant, particulièrement avec son fils. Il impose au sein de sa famille une rigueur avec laquelle Marceau a du mal à composer. Alors il s’isole et tente de lutter contre la froideur qui enveloppe la maison. Marceau grandit, souffre d’eczéma et de moqueries au collège. Il n’ose s’imposer nulle part. Son père voudrait le voir avec des filles, mais Marceau ne sait pas s’il en a envie. C’est une rupture avec sa famille qui va permettre au jeune garçon devenu lycéen de prendre sa revanche sur cette enfance taiseuse. Il est envoyé chez son oncle à Madrid et ce qui ne devait durer que quelques semaines s’étirera sur plusieurs années. Marceau s’est fait la belle et c’est auprès d’une veuve madrilène dont il est le colocataire qu’il va apprendre à être. Enfin. Ce premier roman de Julien Dufresne-Lamy à destination de la jeunesse est d’une justesse et d’une force rares. Il décrit très finement la difficulté de trouver sa place au sein d’une famille et l’incommunicabilité dont souffrent nombre d’adolescents. Il nous entraîne métaphoriquement sur plusieurs parcours de jeux de société. Et il faut saluer le sens de la formule pour le moins percutant de Julien Dufresne-Lamy. Une phrase telle que : « Je découvre la mélancolie, cette douleur éteinte dans la peau. », mérite d’être saluée !

Gaëlle Farre Librairie Maupetit (Marseille)

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