Littérature étrangère
Jack London
Le Trimard
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Jack London
Le Trimard
Illustrateur(s) : Simon Roussin
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Marc Chénetier
Gallimard
16/04/2026
196 pages, 22 €
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Chronique de
Jérémie Banel
Librairie du Contretemps (Bègles) - ❤ Lu et conseillé par 11 libraire(s)
✒ Jérémie Banel
(Librairie du Contretemps, Bègles)
Fortement teinté d’autobiographie, Le Trimard de Jack London bénéficie d'une nouvelle édition, illustrée par les soins de Simon Roussin, dans un beau livre de la collection « Le sentiment géographique ».
Quand le jeune Jack London, à tout juste 18 ans, part vagabonder parmi les hobos, ces déclassés et laissés-pour-compte du progrès américain de la fin du XIXe siècle, nul ne sait le destin d'écrivain qui s’offrira à lui. Mais c'est bien à partir de notes composées à l'époque qu'il écrira Le Trimard, qui, dans la veine d'autres romans dans lesquels il met en scène un double qui lui ressemble beaucoup, raconte cette vie en marge, à la recherche d'une embauche, d'un toit, d'un peu de charité. Comme des milliers d'autres, il traverse l'Amérique en long en large et à travers, en fonction des opportunités réelles ou fantasmées, parfois au hasard, dans un dénuement complet. Le train est, à cet égard tout à la fois un moyen de transport (rarement emprunté de façon légale), un logement de fortune et un lieu de rencontres enter trimardeurs, qui y échangent astuces et tuyau. Jack London, pétri de la conscience sociale qui irrigue toute son œuvre, décrit à merveille ce microcosme fait de débrouille et de solidarité, avec ses amitiés fulgurantes et ses rumeurs qui circulent le long des rails. C'est à la fois une plongée dans ce moment important de l'histoire politique des États-Unis, à l'instar des Raisins de la colère 40 ans plus tard, et un tableau géographique recomposé de son immensité, de ses paysages à couper le souffle, mais aussi de ses villes, bien moins accueillantes (certaines sont particulièrement répressives avec les vagabonds) mais inévitables pour survivre.
Porté par l'énergie et la vivacité propres à l'auteur, qui passe à merveille de l'argot de la rue aux descriptions des grands espaces, et magnifié par les illustrations si douces et poétiques de Simon Roussin, ce monument de la contre-culture, bénéficie maintenant d'une édition incontournable !