Chronique Il est à toi ce beau pays de Jennifer D. Richard

Christine Lechapt Librairie Le Carré des Mots (Toulon)

Dans une fresque monumentale, Jennifer Richard nous fait revivre avec beaucoup de finesse un des moments les plus sombres de l’Histoire du peuple noir : la colonisation.

Ota Benga est un pygmée natif du Congo. Son clan a été décimé. Il a été présenté à l’Exposition universelle de 1904 puis au zoo du Bronx. Il travaille désormais dans une manufacture de tabac d’une petite ville de la Virginie. Mais en ce jour de mars 1912, il se tire une balle dans le cœur. S’il est un personnage qui peut résumer à lui seul ce que les blancs, que ce soit en Afrique, en Europe ou aux États-Unis, ont fait subir au peuple noir, par convoitise mais aussi par mépris, c’est bien lui. C’était donc à lui d’ouvrir le magistral roman de Jennifer Richard. Mais c’est à travers le regard de bien d’autres figures historiques (aventuriers, missionnaires ou chefs d’État sans scrupules) que l’auteure nous raconte la brutalité de la colonisation de l’Afrique et la difficile émancipation des noirs d’Amérique. La grande force de ce roman est de nous montrer, sans jamais verser dans le pathos, le mépris dont a été l’objet le peuple noir à la fin du XIXe siècle et comment il servit les plus bas instincts des grandes puissances de ce monde. Extrêmement bien documenté et d’une grande intelligence, Il est à toi ce beau pays fait partie de ces romans que l’on n’oublie pas et c’est tant mieux.

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