Chronique La Violence de l’humanisme de Patrice Rouget

Christine Lechapt Librairie Charlemagne (Toulon)

Au fur et à mesure que la civilisation progresse et en dépit de toute morale, l’animal n’en finit pas d’être persécuté, jusqu’à devenir un pur produit industriel. Une idéologie est à mettre au compte de cet état de fait.

Selon le dictionnaire, est animal ce qui n’est ni végétal, ni homme. Cependant, dans la mesure où l’animal est tout ce qui est animans, autrement dit animé, doué de souffle vital, doté d’une âme, l’homme devrait donc être considéré comme un animal. Or, depuis des siècles, il a toujours cherché à s’arracher à cette condition. Ainsi règne en maître l’humanisme métaphysique. L’homme a été élevé au rang de divinité et s’est débarrassé de son animalité, parce que lui seul est capable de raison. Mais comment justifier dès lors que l’animal, qu’il soit sauvage ou domestique, n’a jamais été autant persécuté ? Loin de tout jugement moral, Patrice Rouget nous explique que c’est par pure idéologie. En érigeant l’hédonisme au rang de véritable religion, nos sociétés industrielles ont asservi l’hybris, la nature, pour en faire un bien de consommation comme un autre (le code civil ne définit-il pas l’animal comme un bien ?) Tout, dans la nature, doit être utile à la satisfaction de nos pulsions hédonistes, et ceci de façon industrielle. Les écologistes ne font rien contre cela. Leur souhait est simplement d’organiser cette exploitation, la planifier et ajuster les besoins consuméristes aux ressources disponibles, mais certainement pas d’aller contre l’industrialisation de la nature. Considérant que l’animal est victime de racisme, Patrice Rouget fait un parallèle avec le génocide. Mais à la différence de celui-ci, il démontre que tout est mis en place pour que chaque jour le nombre des animaux à abattre soit renouvelé, afin que le système puisse perdurer à l’infini. L’auteur opère une brillante démonstration en montrant comment a été perverti l’humanisme métaphysique. Un essai lumineux, essentiel pour repenser notre rapport à la nature.

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