Chronique Schproum de Jean-Yves Cendrey

Michel Edo Librairie Lucioles (Vienne)

devait être un roman épique avec un héros de fiction, partant, lame au côté et queue entre les jambes, combattre les chimères de la modernité. C’est finalement le récit sensible féroce et drôle malgré la douleur, d’un Cendrey en plein désarroi.Schproum

Wallstreet (tel est son nom) est proprement foutu hors de chez lui par sa rosse d’épouse, après une vie passée à se la pourrir. Cela faisait un bon début. Pour quelle destination ? On ne le saura jamais. Une grosse soixantaine de pages enlevées, burlesques et bien vivantes, parasitées déjà, çà et là, par des fulgurances de souffrance, comme une interférence qui fait sursauter, comme deux histoires qui n’ont rien à voir et qui se partagent le même canal de diffusion, « premiers symptômes de ce qui allait [lui] pourrir la tête, le cœur et puis la vie. » Suit le récit furieux et acide de Cendrey – auquel l’adjectif de douillet semble aller assez mal –, terrassé par des migraines et des douleurs intenables qui le pourchassent comme un essaim d’abeilles en colère, de Berlin à Ouessant, en passant par les Cévennes. Si la douleur l’empêche d’écrire, elle n’enlève rien ni à sa lucidité, ni à son ironie et encore moins à son insoumission. Et maintenant qu’il a mis un nom, EHS (électro hyper-sensible), sur son mal et qu’il a su s’en garantir en mettant quelques kilomètres entre lui et ces horreurs morbides que sont les antennes-relais et autres émetteurs de 3 ou 4G, je crains pour les pétales de certains dignitaires qui ont fait du délire technologique leur cheval de bataille.

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