Chronique La Fiancée de Bruno Schulz de Agata Tuszynska

  • Agata Tuszynska
  • Traduit du polonais par Isabelle Jannès-Kalinowski
  • Coll. «NULL»
  • Grasset
  • 09/09/2015
  • 400 p., 22 €
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Michel Edo Librairie Lucioles (Vienne)

Si vous avez lu son chef-d’œuvre Les Boutiques de cannelle (« L’Imaginaire », Gallimard), vous savez quelle fantasmagorie et quelle poésie habitaient Bruno Schulz. Vous devinez aussi combien cet auteur si proche de Kafka pouvait être un homme obsessionnel. Agata Tuszynska essaie d’approcher le personnage par le biais de la fiction en donnant la parole à celle qui fut sa fiancée entre 1933 et 1937 : Juna, jeune professeure de lettres sensible à la profondeur d’âme de l’écrivain mais sans doute incapable de prendre la mesure des tourments de cet homme déchiré par le désir des femmes, la vision qu’il avait de lui-même et par le doute quant à ce à quoi il avait décidé de consacrer sa vie, l’écriture. Tuszynska imagine une fiancée patiente et forte, acceptant sans le comprendre le besoin de Schulz de se terrer dans sa ville natale de Drohobycz quand, de toute l’Europe, affluaient les critiques élogieuses concernant ses livres. Patiente presque jusqu’au bout, elle quittera Drohobycz, attendant vainement un Schulz qui préfèrera, peut-être malgré lui, mourir dans sa ville qu’affronter un ailleurs terrifiant.

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