Chronique Peine perdue de Olivier Adam

Brice Vauthier Librairie L’Étagère (Saint-Malo)

Une peine perdue, c’est un effort inutile qui n’aura a priori aucun résultat. Mais alors, pourquoi se battre ? Pourquoi continuer de vivre ? Parce que la vie réserve des surprises, comme ce magnifique roman signé Olivier Adam.

Vingt-deux acteurs, un lieu unique (le Sud de la France) et une tempête à décorner les bœufs. Ce onzième roman d’Olivier Adam est sans doute son texte le plus abouti. On pourrait même considérer que celui-ci concentre, voire condense des bouts de chacun des précédents. Ainsi, on rencontre un boxer, la mer, le thème du suicide, un frère ; on y croise Antoine, Serge, Léa ou Sarah (j’ai une préférence pour l’histoire très touchante de Léa). Tous ces personnages ont des choses à raconter, une vie à porter et un quotidien pesant. Olivier Adam nous les présente comme « sa petite bande de désespérés ». Oui, il y a de ça, mais pas seulement. L’histoire commence avec Antoine, jeune espoir de football amateur à la vie instable, qui sera violemment agressé un soir. Certes, il n’était pas parfait et avait des ennemis sur les terrains, mais ce n’était pas un mauvais père. La tempête, violente et dévastatrice, constitue le vingt-troisième personnage du roman. La mer s’apprête à voler des vies et à en recracher d’autres. « Pourquoi ? », se demandent certains personnages. Pourquoi moi et pas elle ? Il serait vain de tenter de répondre à pareille question – en cela, le titre prend toute sa force. C’est ce que Clémence finit par comprendre. D’autres décident de se battre, de vivre malgré tout. Et cette force est magnifique. Ainsi Léa qui décide de vivre son histoire d’amour avec Abel, looser magnifique, contre vents et marées, et que l’on croisera dans l’hôpital où sont soignés les blessés de la tempête. Le style de Peine perdue est précis, dur, âpre. Comme la vie. Merci à Olivier Adam pour ce roman, merci pour ces femmes et ces hommes ordinaires qui, à travers l’écriture, deviennent des héros du quotidien. Ils ne sont pas nombreux, ces auteurs qui arrivent à présenter le quotidien sous cette forme. À l’instar de Jean-Paul Dubois, Olivier Adam est né pour comprendre ses semblables.

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