Chronique Les Enfants qui mentent n’iront pas au paradis de Nicolas Rey

Brice Vauthier Librairie L’Étagère (Saint-Malo)

À travers le portrait original d’un quadragénaire romantique, Nicolas Rey brosse le portrait d’un homme ressemblant étrangement à beaucoup de ses lecteurs. Touchant, émouvant, parfois agaçant, Gabriel sera largué avant de se faire conquérant, et connaîtra Justine puis Catherine. Une vie normale pour un type normal... sauf que le contexte politique dans lequel se déroule l’histoire n’est pas vraiment ordinaire. Le Parti National (toute ressemblance avec la réalité n’étant pas forcément fortuite) est aux portes du pouvoir. Le roman s’ouvre d’ailleurs sur cette nouvelle martelée en boucle par les chaînes d’information. Le livre est rythmé (notamment du fait de son découpage en nombreux petits chapitres d’une ou deux pages) et parfois très cru (il m’a même semblé lire du Houellebecq lors d’une scène de sexe). Dès le début, j’ai été pris d’une certaine empathie pour Gabriel, multi-divorcé et ancien alcoolique pratiquant. La rupture le menant à Catherine fut nette, comme une incision : « Je te quitte, je sauve ma peau ». Les personnages sont bien campés dans leur quarantaine. Les répliques sont vives et efficaces : « Tu fais quoi ce matin, on me pose un stérilet ». C’est du Nicolas Rey tout craché. La frontière entre l’autofiction, l’autobiographie et la fiction n’a rien d’imperméable. J’ai trouvé ça drôle, tout en me doutant qu’à la place de Gabriel, j’aurais été très maladroit et mal à l’aise. Je conseille de lire ce livre en même temps que l’excellente BD de Durpaire et Boudjellal La Présidente (Les Arènes) et le très bon polar de Jérôme Leroy, Le Bloc (Folio) : la proximité du contexte politique décrit par les trois livres est frappante.

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