Chronique Professeur singe de Mo Yan

  • Mo Yan
  • Traduit du chinois par François Sastourné et Chantal CHEN-ANDRO
  • Coll. «Coll. « Cadre vert »»
  • Seuil
  • 07/05/2015
  • 252 p., 19 €
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Brice Vauthier Librairie L’Étagère (Saint-Malo)

Deux très beaux textes de Mo Yan mêlant le fantastique à la morale et à l’évasion. Deux textes qui, surtout, sont une invitation à la réflexion.

Professeur singe est une fable à la fois fantastique, dramatique et loufoque. Wang San se voit changé en singe en passant devant un panneau publicitaire représentant cet animal. Mais le plus étonnant est ailleurs et se manifeste dans l’énergie du désespoir déployée par son épouse pour rendre à son infortuné mari son apparence d’autrefois… alors qu’elle a pu, auparavant, se montrer plutôt dure à son égard. Ce texte rappelle La Dure Loi du Karma (Points), où Mo Yan abordait déjà, avec la même virtuosité, le thème de la métamorphose. Le second texte prend pour cadre la campagne chinoise. Une vieille femme aveugle se met à voir son fils… sans le voir. Plus que l’infidélité de son épouse, c’est surtout l’arrogance, le mépris et l’égoïsme du fils de la vieille femme que l’auteur met en relief. En effet, ce militaire en poste loin de sa mère a surtout choisi son épouse pour s’occuper de cette dernière. Cette négligence amènera l’épouse délaissée à se laisser tenter par un grand blond venu aider pour les travaux dans les champs. Mais alors, que peut bien faire le mari trompé ? Quelles seront les conséquences de ces amours interdites ? Une fois encore, Mo Yan réussit avec brio à nous entraîner dans cette Chine rurale et méconnue.

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