Chronique La Colère de Kurathi Amman de Meena Kandasamy

  • Meena Kandasamy
  • Traduit de l’anglais (Inde) par Carine Chichereau
  • Coll. «Feux croisés»
  • Plon
  • 24/08/2017
  • 222 p., 20.90 €

Brice Vauthier Librairie L’Étagère (Saint-Malo)

Ce premier roman est un objet littéraire non identifié (OLNI), entre le récit et la fiction, le tout agrémenté d’humour et d’un style atypique. Soyez prêt(e)s à voyager.

Ce texte de Meena Kandasamy, très bien traduit par Carine Chichereau, nous plonge dans l’État du Tamil Nadu, au sud de l’Inde, à la fin des années 1960. Avant la grande Révolution verte qui va changer complètement l’agriculture indienne, les ouvriers agricoles et le Parti communiste local tentent d’organiser et d’améliorer les conditions de travail des Dalits, ces intouchables, tout en bas de la pyramide des classes indiennes, sous-exploités par les propriétaires agricoles. Lors d’un soulèvement en décembre 1968, cette communauté est prise à partie par les propriétaires terriens et quarante-quatre personnes sont tuées. L’auteure lie ce soulèvement au meurtre, un mois plus tôt, d’un militant communiste, le but étant de montrer une politisation des plus précaires. Ne se limitant pas à la simple description des faits, l’auteure fait le choix de démontrer le caractère non isolé de cette mobilisation. Ce roman est déroutant par son style, bien sûr, mais aussi par son humour grinçant et, pour tout dire, un peu britannique (par son côté pince-sans-rire) utilisé avec parcimonie par Meena Kandasamy. Un roman très fort, différent de ce qu’on a déjà pu lire à propos des intouchables ou de l’Inde en général. À découvrir.

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