Chronique Le Colonel et l’appât 455 de Fariba Hachtroudi

Frédérique Franco Librairie Le Goût des Mots (Mortagne-au-Perche)

Quand victime et bourreau se retrouvent, les rôles s’inversent. À travers un roman subtil, Fariba Hachtroudi nous offre un face à face poignant au suspense grandissant.

Elle était « l’appât 455 » de ce régime dictatorial. On attendait d’elle qu’elle délivre des informations sur son mari subversif. Elle ne parlera jamais, même sous les pires tortures. Lui était un proche du Commandeur suprême. Ils se retrouvent des années après, dans un pays dans lequel elle s’est reconstruite, seule. Lui y demande l’asile politique et cette femme sera sa traductrice. Alternant habilement la parole de l’un et de l’autre, l’auteur nous happe dans cette histoire vertigineuse. Pourquoi le colonel demande-t-il l’asile politique ? Qu’a-t-il à demander ou à confier à cette femme ? Flash-back, récits croisés, monologues intérieurs… l’écriture est acérée, la tension est grandissante. On devine que le pays désigné par la République théologique est l’Iran et que leur terre d’accueil est la Norvège. Mais peu importe la géographie, la portée du livre est plus grande. Ce roman parle des totalitarismes aveugles et de la puissance de l’amour. Derrière les pires violences, la part d’humanité que chacun porte en soi et la force des sentiments laissent entrevoir de l’espoir. Un formidable roman, puissant et captivant, de ceux qu’on n’oublie pas.

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