Polar
Victor del Arbol
Le Temps des bêtes féroces
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Victor del Arbol
Le Temps des bêtes féroces
Traduit de l'espagnol par Alexandra Carrasco
Actes Sud
11/03/2026
394 pages, 23,80 €
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Chronique de
Guillaume Chevalier
Librairie Mot à mot (Fontenay-sous-Bois) -
❤ Lu et conseillé par
6 libraire(s)
- Linda Pommereul de Le Failler (Rennes)
- Guillaume Chevalier de Mot à mot (Fontenay-sous-Bois)
- Sébastien Lavy de Page et Plume (Limoges)
- Laurence Grivot de Au moulin des lettres (Épinal)
- Marie-Line Musset de Lettres Infuses - Formations pour bibliothèques (Rueil-Malmaison)
- Emmanuelle Cassagnes de Liber & Vous (Bourgueil)
✒ Guillaume Chevalier
(Librairie Mot à mot, Fontenay-sous-Bois)
Partant d’un tragique accident de la route pour remonter jusqu’à une conspiration mondiale, ce thriller implacable interroge la cruauté humaine, le poids du passé et l’avidité sans limite des puissants.
Sira, une jeune femme qui pédale sur une route escarpée de l’île de Lanzarote, est violemment percutée par une voiture. Le conducteur prend la fuite, la laissant pour morte. Ce qui pourrait passer pour un tragique délit de fuite n'est en réalité que le premier domino d'une machination tentaculaire. L'investigation qui en découle va exhumer un réseau de mensonges et de corruption, forçant les protagonistes à affronter les démons qu'ils croyaient avoir semés.
Tissant des liens étroits et invisibles entre les drames intimes et la grande histoire, l’auteur ancre son intrigue en 2008, en pleine crise financière mondiale des subprimes, offrant une toile de fond idéale pour disséquer l'avidité et l'immoralité des élites. Mais les racines du mal plongent encore plus loin : elles nous ramènent quinze ans en arrière, sur les crêtes glacées des montagnes de Volujak, aux frontières de la Bosnie-Herzégovine, durant la guerre. Le monde décrit par l'auteur est une jungle impitoyable dominée par des prédateurs (politiciens intouchables, tueurs à gages, financiers cyniques) où les proies humaines sont sacrifiées sur l'autel du pouvoir. Dans ce monde malade où personne n'est véritablement innocent, le pardon n'a pas sa place. La plume de del Árbol, à la fois viscérale, mélancolique et poétique, sublime la culpabilité et la solitude de ses personnages, tous marqués au fer rouge par le poids du passé.
Avec ce roman, Víctor del Árbol nous livre une œuvre chorale qui s'impose comme une tragédie moderne, cruelle et implacable, où une action peut déclencher une onde de choc aux conséquences dévastatrices à l'échelle internationale. Radiographie percutante d'une caste prête à tout pour préserver ses privilèges et ses mensonges, voilà un texte qui confirme le talent d'un auteur au sommet de son art.