Littérature étrangère
Robert Seethaler
La Rue
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Robert Seethaler
La Rue
Traduit de l'allemand (Autriche) par Élisabeth Landes
Sabine Wespieser éditeur
27/08/2026
200 pages, 22 €
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Chronique de
Manuel Hirbec
Librairie La Buissonnière (Yvetot) - ❤ Lu et conseillé par 17 libraire(s)
✒ Manuel Hirbec
(Librairie La Buissonnière, Yvetot)
L’aventure littéraire est d’un bout à l’autre de la rue. Dans une stimulante traversée retranscrite par fragments, Robert Seethaler donne vie à une myriade de personnages et d’émotions, les oreilles à l’affût.
Dans un monde inconstant, il est de magnifiques fidélités éditoriales que l’on se doit de souligner et de saluer. Depuis 2014, c’est le sixième roman de l’Autrichien Robert Seethaler que Sabine Wespieser fait traduire et publie pour notre plus grand plaisir littéraire. Après Le Tabac Tresniek (2014), Le Champ (2020) et Le Café sans nom (2023) à l’ambiance délicate et touchante, ce romancier attentif et inventif nous fait entrer dans La Rue, nous invitant à en écouter tous les bruits. Comme un facétieux magicien, il donne à nos yeux de lecteurs la paire d’oreilles qui leur manquait. Imaginez que vous allez traverser dans toute sa longueur une rue inconnue, les yeux fermés, sans rien voir mais en entendant au fil de votre passage des bribes de conversations, des voix qui se parlent à elles-mêmes ou qui parlent à d’autres, autant de fragments de vies que vous assemblez au rythme de votre arpentage romanesque. Arrivé au bout de la rue, ouvrez les yeux. Il est inutile de vous retourner. Une année a passé au fil des saisons et cette rue, vous la connaissez mieux que quiconque. Désormais, vous savez tout de ses habitants : la fleuriste éperdument amoureuse du libraire en faillite ; la maison de retraite que certains pensionnaires quittent la nuit pour montrer leurs fesses aux passants, tandis que le gardien de nuit picole au bar d’à côté ; sans oublier le curé perdu dans ses sermons ni ces irréductibles qui refusent de céder aux vautours de l’immobilier. Et vous les aimez tant ! La Rue vous a saisi par sa délicatesse, par sa construction stimulante, par son humour pince-sans-rire, par la justesse de son ton léger, comme la plume du pigeon qui vient vous chatouiller le nez après avoir été chassé par un môme et son lance-pierre.