Chronique Patrimoine ferroviaire de Luc Fournier, Clive Lamming

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Manuel Hirbec Librairie La Buissonnière (Yvetot)

Le monde ferroviaire a profondément transformé la vie des hommes et les territoires. De la locomotive à vapeur au TGV, il est source d’une puissante mémoire collective. Son patrimoine reflète cette épopée humaine, technique, esthétique et sociale. Une intense histoire que met passionnément en valeur ce beau livre.

Des lettrines aux reflets d’acier sur un fond à la brillance anthracite : la magnifique couverture de Patrimoine ferroviaire porte déjà en elle un long voyage et 200 ans d’Histoire. Elle laisse s’échapper un imaginaire puissant, évoque le bruit et la fureur des locomotives à vapeur, leur entrée fumante comme l’enfer, dans ces cathédrales du monde moderne que sont les gares. Un imaginaire qui s’appuie sur un réel de machines, de constructions monumentales et d’ingénieuses infrastructures qui ont irrigué et transformé le pays jusqu’au plus profond de ses territoires, marquant toutes les générations, constituant alors une mémoire collective considérable. Pour l’entretenir, il était nécessaire de recenser nombre de ces objets et monuments pour constituer un patrimoine ferroviaire. Ce beau livre de Luc Fournier, avec la collaboration de Clive Lamming, le met admirablement en valeur, avec passion et précision. Abondamment illustré par un riche fonds photographique, l’ouvrage propose une approche chronologique en quatre périodes, s’étendant de la création de la première ligne ferroviaire en 1827 à nos jours. La présentation de chacune de ces périodes permet d’en comprendre les différents enjeux, les nombreuses évolutions et les voies parfois sinueuses composées de défis techniques, économiques, politiques, sociaux et esthétiques comme autant de reflets de notre histoire collective. Chacune de ces périodes est formidablement agrémentée d’un cahier d’une dizaine d’encadrés qui diversifient la lecture en offrant une approche thématique et des éclairages originaux sur des sujets parfois inattendus. La place est alors faite aux anonymes des chemins de fer, comme les voyageurs dans « La liseuse, la bouillotte et la chaufferette… », mais aussi les chauffeurs, les mécaniciens, la place des femmes dans cet univers professionnel et les cités cheminotes, résultant de préoccupations sociales comme politiques. D’Honoré Daumier, chroniqueur acéré des chemins de fer, aux Zola et Renoir de La Bête humaine, les créations artistiques qu’inspire cette épopée ferroviaire ne sont pas oubliées : elles participent elles aussi de la légende et de la mémoire collective, comme un aller et retour permanent du réel à la fiction. Ainsi l’étonnant monorail suspendu au-dessus du sol, prototype fabriqué dans les années 1960 et filmé par François Truffaut en 1966 dans Fahrenheit 451, objet tristement vandalisé quelques décennies plus tard. D’où l’importance de conserver ces objets remarquables par leur histoire et leurs qualités techniques et esthétiques. Un cahier de notices aux pages argentées complète ainsi chaque période historique. Il présente un florilège judicieux de ce patrimoine ferroviaire sauvegardé, composé de locomotives mythiques, de gares monumentales et d’ouvrages d’art exceptionnels, comme le légendaire viaduc de Garabit.

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